Femme effectuant un bouturage de Colina Josta dans un jardin, tenant une bouture fraîche avec des outils de jardinage sur une table en bois

Comment multiplier une Colina Josta par bouturage sans se tromper ?

7 novembre 2026

Le bouturage de la Colina Josta suit une logique différente de celle des plantes d’intérieur. Cet arbuste fruitier hybride, issu du croisement entre cassissier et groseillier à maquereau, se multiplie par boutures ligneuses prélevées pendant la période de repos végétatif, et non par boutures de tiges vertes comme on le lirait dans la plupart des guides généralistes. Comprendre cette distinction est la première condition pour éviter l’échec.

Boutures ligneuses ou herbacées : pourquoi le choix du bois change tout

Les guides sur le bouturage de plantes d’intérieur conseillent presque toujours de prélever une tige verte, souple, encore en croissance. Pour la Colina Josta, cette approche est inadaptée. La Royal Horticultural Society recommande, pour le jostaberry, les boutures de bois dormant, prélevées en automne ou en début d’hiver lorsque l’arbuste a perdu ses feuilles.

Un bois dormant présente une texture ferme, une couleur brun clair uniforme, et ne fléchit pas sous la pression des doigts. Une tige verte prélevée en été, à l’inverse, risque de faner avant d’avoir développé un système racinaire suffisant.

Type de bouture Période de prélèvement État du bois Résultat attendu
Bois dormant (ligneuse) Automne – début hiver Ferme, feuilles tombées Enracinement fiable
Bois semi-aoûté Fin été Partiellement durci Résultat variable
Tige verte (herbacée) Printemps – été Souple, en croissance Risque élevé de fonte

Ce tableau résume pourquoi transposer des conseils destinés aux pothos ou aux philodendrons à un arbuste fruitier rustique comme la Colina Josta conduit régulièrement à des échecs inexpliqués.

Prélèvement et préparation de la bouture de Colina Josta

Une fois la période de dormance installée, le prélèvement suit une procédure précise. On choisit un rameau de l’année, sain, sans signe de maladie ni de blessure mécanique. La longueur idéale se situe entre une dizaine et une quinzaine de centimètres, avec plusieurs noeuds bien formés.

  • Couper le bas de la bouture en biseau juste sous un noeud : cette coupe augmente la surface de contact avec le substrat et favorise l’émission racinaire.
  • Couper le haut à l’horizontale, au-dessus d’un noeud, pour limiter la dessication et identifier facilement le sens d’enracinement.
  • Retirer toutes les feuilles restantes si l’arbuste n’est pas encore complètement défeuillé, afin de réduire la perte d’eau par évapotranspiration.

L’utilisation d’une poudre ou d’un gel d’hormones de bouturage n’est pas nécessaire pour les boutures ligneuses d’arbustes fruitiers, mais elle peut accélérer l’apparition des premières racines, notamment dans des conditions de température fraîche.

Homme plantant une bouture de Colina Josta dans un pot de terreau à l'intérieur d'une serre, avec plusieurs boutures alignées prêtes à l'enracinement

Substrat et conditions d’enracinement pour un arbuste fruitier rustique

La Colina Josta préfère un sol drainant qui conserve néanmoins une certaine humidité, selon les indications de la Royal Horticultural Society. Ce profil doit se retrouver dans le substrat de bouturage : un mélange de terreau léger et de perlite, ou de sable grossier horticole, offre le bon équilibre entre rétention d’eau et aération des racines.

Un substrat trop compact noie les ébauches racinaires. Un substrat trop drainant laisse la bouture se dessécher avant que les racines n’aient eu le temps de se former. L’humidité constante sans excès d’eau stagnante est le paramètre le plus difficile à maîtriser et celui qui explique la majorité des échecs.

Les boutures ligneuses de Colina Josta s’enracinent à l’extérieur, à l’abri du vent et du gel sévère, sans besoin de chaleur artificielle. Une serre froide ou un cadre de bouturage non chauffé convient parfaitement. La lumière doit être présente sans être directe et intense : la RHS indique que le jostaberry tolère aussi bien le soleil que la mi-ombre, ce qui facilite le placement des jeunes plants.

Signes de réussite et erreurs fréquentes à éviter

L’enracinement d’une bouture ligneuse prend plusieurs semaines, parfois jusqu’au printemps suivant. Pendant cette période, l’absence de signes visibles ne signifie pas nécessairement un échec. La résistance légère à une traction douce sur la bouture est le premier indice concret d’un enracinement en cours, avant même l’apparition de nouvelles pousses.

Plusieurs erreurs récurrentes compromettent le résultat :

  • Planter la bouture à l’envers : la coupe en biseau en bas et la coupe horizontale en haut servent précisément à éviter cette erreur, mais elle reste fréquente avec des boutures prélevées en grande quantité.
  • Laisser le substrat se dessécher complètement entre deux arrosages : une fois la dessication installée, les ébauches racinaires meurent sans signe extérieur visible.
  • Transplanter trop tôt : une bouture qui a émis de nouvelles feuilles n’est pas nécessairement enracinée de façon suffisante pour supporter un rempotage. Attendre que le système racinaire soit bien développé avant tout déplacement.

Un autre piège concerne l’identification botanique de la plante. La RHS signale que le nom Ribes × culverwellii est parfois attribué à tort à différents hybrides commercialisés sous le nom de jostaberry. Si la bouture ne reprend pas malgré une technique correcte, vérifier l’étiquette botanique auprès du pépiniériste permet d’écarter une confusion de variété.

Après l’enracinement : transplantation et conditions de reprise

Une bouture correctement enracinée se transplante en pleine terre au printemps, dans un sol travaillé, drainant et légèrement humide. La Colina Josta s’adapte au soleil comme à la mi-ombre, ce qui laisse une certaine souplesse pour le choix de l’emplacement définitif dans le jardin.

Si le bouturage en pleine terre a été direct, sans passage par un conteneur, la première saison de croissance demande une surveillance régulière de l’humidité du sol. Les arbustes issus de boutures ligneuses s’établissent progressivement et produisent rarement des fleurs dès la première année, ce qui est normal et ne traduit pas un problème de vigueur.

Pour les jardiniers qui souhaitent une méthode alternative, la RHS décrit le marcottage comme une option complémentaire pour certains arbustes : coucher une pousse basse sur le sol, l’inciser légèrement pour stimuler l’enracinement, attendre la formation de racines, puis séparer du pied mère. Cette technique reste plus lente que le bouturage ligneux mais présente un taux de réussite élevé pour les sujets dont la multiplication par bouture s’avère difficile.

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