Oubliez les légendes urbaines et les croyances qui se transmettent de génération en génération sans jamais être remises en cause. Les Saints de glace, ce n’est ni une malédiction ni un caprice de la météo, mais un repère bien ancré dans les pratiques agricoles et le calendrier populaire. Alors, que se cache-t-il vraiment derrière ces fameux jours de mai qui font trembler les jardiniers ?
La date des Saints de glace de 2021
Quand on parle des Saints de glace, ou “glace sainte”, on évoque une période précise du mois de mai, associée à trois figures : Saint Mamert, Saint Pancrace et Saint Servais. Chaque année, ces commémorations tombent les 11, 12 et 13 mai. En 2021, cela correspond à un mardi, un mercredi et un jeudi. Les jardiniers avertis sont nombreux à attendre que ces dates soient passées pour mettre leurs jeunes plants en terre, convaincus que le risque de gel tardif s’amenuise alors. Pourtant, la prudence reste de mise : des nuits froides peuvent encore sévir jusqu’au 25 mai. Cette vigilance coïncide aussi avec la fin d’une autre période redoutée : la fameuse Lune Rouge, redoutée des maraîchers.
Qui sont les saints des glaces ?
Si l’on regarde le calendrier actuel, les noms ont évolué au fil du temps. Aujourd’hui, les dates traditionnelles des saints de glace sont attribuées à d’autres figures. Voici comment s’articulent ces changements :
- Saint Mamert, célébré le 11 mai, a laissé sa place à Sainte Estelle.
- Sainte Pancrace, célébrée le 12 mai, est désormais remplacée par Saint Achille.
- Saint Servais, célébré le 13 mai, cède la date à Sainte Rolande.
Origine des saints de glace
Remontons le temps. En 470, Saint Mamert instaure la Fête des Rogations pour conjurer une série de catastrophes naturelles. Au cœur de ces processions, les paysans unissent leurs voix pour protéger les cultures dans ces moments jugés à risque. Rapidement, ces saints deviennent les symboles du retour brutal du froid. Les agriculteurs, dépendant étroitement du climat, commencent à invoquer leur protection pour écarter le spectre du gel qui menace les récoltes. Passé ce cap de mi-mai, la menace du froid semble reculer, rassurant enfin ceux qui veillent sur les jeunes pousses.
Énonciations sur les Saints de glace
Les dictons populaires témoignent de l’ancrage profond des Saints de glace dans la mémoire collective. Voici quelques maximes qui reviennent chaque printemps, et que l’on entend encore dans les campagnes :
- « Saints Mamert, Pancrace et Servais sont toujours des saints de glace »
- « Saint-Servais, Saint-Pancrace et Saint-Mamert font de trois un petit hiver. »
- « Mamert, Pancrace, Servais sont les trois saints des glaces, mais Saint-Urbain les tient tous dans sa main. »
- « Saint-Servais quand il fait beau, tire Saint-Médard (8 juin) de l’eau. »
- « Quand il pleut au Saint-Servais, pour le blé, c’est mauvais signe. »
- « Avant Saint-Servais, pas d’été ; après Saint-Servais, plus de gel. »
- « Saints Pancrace, Servais et Boniface apportent souvent de la crème glacée. »
- « Soyez prudent, le premier des saints de glace, souvent vous en gardez une trace. »
Chaque année, ces adages reviennent au rythme du calendrier, autant pour rappeler la prudence aux jardiniers que pour perpétuer une tradition. Passé le 13 mai, certains rangent enfin leurs voiles d’hivernage. D’autres attendent, guettant le moindre frisson dans l’air, car la météo s’amuse parfois à déjouer les certitudes. Au fond, les Saints de glace, c’est un peu ce suspense qui donne du sel au mois de mai.

