Touche ton bras après le passage d’une chenille processionnaire et tu risques bien plus qu’une simple démangeaison. Invisibles pour certains, redoutables pour d’autres, ces larves font des ravages silencieux dans nos jardins et nos forêts. Leur stratégie ? Le nombre, l’organisation et une arme chimique d’une efficacité redoutable.
Sachez-le et reconnaissez-le !
Qu’est-ce qu’une chenille processionnaire ?
Avant de songer à s’en débarrasser, il faut savoir à qui l’on a affaire. La chenille processionnaire est en fait la larve d’un papillon, et il en existe deux principales variantes : la Thaumetopoea pityocampa (liée au pin) et la Thaumetopoea processionea (liée au chêne). L’une préfère les pins et parfois les cèdres, l’autre s’attaque surtout aux chênes mais ne rechigne pas à coloniser d’autres feuillus.
La chenille du pin se distingue par ses teintes orange rayées de noir, sa tête noire lisse et ses poils gris clair sur les flancs. Initialement cantonnée au pourtour méditerranéen, elle s’est installée partout en France. Sa cousine du chêne, plus sombre, affiche un dos noir, des flancs gris et de longs poils blancs partant d’un point orange. On la croise surtout dans les régions du centre et de l’est.
Comment la distinguer des autres chenilles ?
Attention aux confusions : d’autres espèces vivent en groupe et arborent aussi des poils, mais n’ont rien de dangereux. Par exemple, la livrée des arbres, avec sa ligne centrale blanche et ses rayures orange et bleues, s’invite dans les fruitiers et les aubépines. Sa tête bleue à pois noirs la rend facilement identifiable à l’âge adulte.
Dans les Alpes et le Jura, la livrée alpine et la Franconienne préfèrent la vie au sol. La lainette cerise, d’abord grise et couverte de poils, arbore à maturité une tête noire et des touffes rouges. On la trouve sur les rosacées et certains arbres fruitiers, tout comme la lainette du Blackthorn, protégée par la loi. Le gazé, quant à lui, se reconnaît à son dos orange et ses fines lignes sombres, tandis que l’âne brun des chênes ou des aubépines porte deux points rouges éclatants.
Le cycle de vie de la chenille processionnaire
Le cycle débute à la belle saison : après métamorphose, le papillon femelle pond ses œufs en rangées, sur les aiguilles de pin ou les branches dégagées du chêne. Trente à quarante-cinq jours plus tard, les larves éclosent et traversent cinq à six stades de développement, selon l’espèce.
Au printemps, une procession menée par une femelle quitte le nid pour s’enfouir dans le sol, chaque chenille tissant son cocon de soie. Ce déplacement peut atteindre quarante mètres, à la recherche du terrain idéal. Le nid de chenilles processionnaire, élaboré dès le troisième stade, prend la forme d’un cocon blanc bien visible, conçu pour maintenir une température constante autour de 16°C.
La période à risque s’étire d’octobre à septembre selon le climat, avec une phase de reproduction qui s’étale de juin à septembre.
C’est une chenille dangereuse
Pour la chenille du chêne, la période sensible court d’avril à septembre, souvent à l’inverse du calendrier de la chenille du pin. Sa reproduction reste concentrée sur l’été.
Pour leurs hôtes
Leur priorité : se nourrir. La chenille processionnaire du pin descend en file indienne la nuit pour grignoter les aiguilles. Si la nourriture se raréfie, la colonie déplace le nid vers une zone plus fournie. Une seule colonie peut engloutir jusqu’à deux kilos d’aiguilles. Avec quatre ou cinq colonies sur un arbre, c’est la mort assurée : privé de ses aiguilles, l’arbre ne respire plus.
La chenille du chêne suit la même logique : elle dévore les feuilles de son hôte sans relâche. L’arbre, affaibli, devient alors une cible facile pour d’autres parasites.
Pour les humains et les animaux domestiques
À leur troisième stade, les chenilles développent de minuscules poils urticants, logés dans des poches dorsales. Dès qu’elles se sentent menacées, elles projettent ces poils harponnants dans l’air. Résultat : démangeaisons, réactions allergiques, œdèmes sur la peau exposée, et parfois des lésions oculaires ou des troubles respiratoires sévères.
Chez le chien, les conséquences sont parfois dramatiques : la langue, irritée, peut nécroser, et dans les cas extrêmes, un choc anaphylactique peut entraîner la mort par étouffement. Ce risque impose une réaction rapide et adaptée.
Face à ce danger, il ne faut donc pas hésiter à agir.
Comment se débarrasser des chenilles processionnaires ?
Comment repérer les nids ?
Avant toute intervention, repérez les nids. Au printemps, si votre jardin compte des pins ou des chênes, inspectez-les avec précaution. Équipez-vous correctement : gants, chaussures fermées, vêtements couvrants, masque si besoin. Le contact direct doit être évité.
Si des nids ou des files de chenilles apparaissent, n’agissez pas dans la précipitation : le moindre mouvement brusque ou bruit peut déclencher la projection de poils urticants. Tenez aussi vos animaux à l’écart. Pour votre sécurité, abstenez-vous de manipuler les nids vous-même. Les poils restent actifs longtemps, même après la mort de la chenille.
Dans tous les cas, demandez l’avis d’un professionnel. Son expérience garantit une intervention sécurisée, et son équipement est adapté à ce type de nuisance. La persévérance sera de mise, car une seule action ne suffit généralement pas.
Pour chasser les chenilles ou éradiquer un nid de chenilles processionnaire, l’intervention d’un spécialiste reste la méthode la plus fiable, que ce soit par la formation reçue ou les outils utilisés, toujours conformes à la réglementation.
Comment éloigner les chenilles de procession ?
Plusieurs solutions préventives existent, fondées sur l’équilibre écologique. Voici quelques exemples concrets :
- Favoriser la présence de coucous et de mésanges, prédateurs naturels, en installant des nichoirs dans votre jardin. Les mésanges, notamment, consomment beaucoup de larves en hiver, ce qui les aide à survivre lors des périodes difficiles.
- Aménager des abris pour chauves-souris, redoutables chasseuses d’insectes nocturnes. Orientez les cabanes au sud pour garantir la chaleur nécessaire à leur installation.
- Planter des bouleaux, qui semblent perturber la progression des chenilles vers les pins.
Si ces méthodes pour éloigner les chenilles processionnaires montrent leurs limites et que l’invasion persiste, il faudra passer à l’action.
Comment tuer les chenilles de procession sur le sol ?
Lorsque les chenilles quittent l’arbre et entament leur procession au sol, il devient envisageable d’intervenir. Armez-vous de prudence : gants, lunettes, masque et vêtements épais sont indispensables. Ramassez les chenilles à l’aide de pinces et déposez-les dans des sacs en papier résistants, que vous fermerez soigneusement avant incinération. Prenez garde : même mortes, les poils demeurent irritants.
Cette technique ne s’applique qu’à de petits groupes de chenilles. En cas d’infestation massive, elle s’avère inadaptée et risquée.
Mécanique, biologique… Les différentes méthodes pour se débarrasser des chenilles processionnaires
Comment agir sur les papillons ?
Première piste : réduire la reproduction en piégeant les papillons adultes grâce aux pièges à phéromones. Suspendus en hauteur, ces dispositifs attirent les mâles, ce qui limite les accouplements. L’installation requiert souvent l’aide d’un professionnel, tant pour la sécurité que pour l’efficacité.
Comment agir sur les chenilles ?
Le piège à chenilles se présente comme une grande poche fixée autour du tronc. Quand la procession descend, les larves tombent dans la poche, qu’il faut ensuite vider et traiter. Ce dispositif, respectueux de l’environnement et réutilisable, nécessite néanmoins une installation soignée pour éviter toute fuite, surtout en présence d’enfants ou d’animaux. Là encore, l’intervention d’un expert évite bien des déconvenues.
Comment agir sur le nid ?
L’enlèvement des nids est possible, mais souvent complexe. Les cocons sont perchés en hauteur, rendant indispensable l’usage d’une nacelle et d’outils de taille. Pour plusieurs arbres, la tâche devient vite titanesque. Le recours à un professionnel, comme pour les nids de frelons asiatiques, s’impose alors.
Comment agir sur l’arbre ?
La lutte microbiologique consiste à pulvériser un produit à base de Bacillus thuringiensis. Ce traitement, disponible en jardinerie, est soumis à des réglementations strictes. Un professionnel saura adapter le protocole selon le contexte. En cas d’infestations répétées, l’abattage de l’arbre devient parfois inévitable, bien que ce soit une solution de dernier recours.
Y a-t-il une obligation de procéder au bombardement ?
À l’heure actuelle, aucune loi nationale n’oblige à traiter systématiquement les arbres infestés. Toutefois, le locataire reste tenu d’assurer l’entretien du jardin, y compris la taille des arbres et arbustes.
Dans certaines communes, comme à Truyes, des arrêtés municipaux imposent la destruction des colonies par les propriétaires et les locataires. Ces textes recommandent également de faire appel à des professionnels qualifiés, utilisant des produits homologués, pour garantir l’efficacité de la lutte.
Avez-vous repéré des nids dans votre maison ?
Le risque posé par les chenilles processionnaires, tant pour notre santé que celle de nos animaux, n’est pas à prendre à la légère. Agir s’impose, mais la prudence reste de mise : la maîtrise de ces interventions requiert savoir-faire, expérience et équipements adaptés.
Depuis trois décennies, nous sommes spécialisés dans le traitement des ravageurs et intervenons sur tout type de nuisibles : rats, frelons et guêpes, insectes rampants, et bien sûr, chenilles processionnaires du pin et du chêne. Face à ces envahisseurs silencieux, il ne suffit pas d’espérer qu’ils disparaissent. Mieux vaut s’entourer des bonnes compétences, pour que la prochaine marche de ces chenilles ne soit jamais jusqu’à votre porte.


