Jardinier dosant la bouillie bordelaise sur une balance de précision avec un pichet d'un litre d'eau posé sur un établi de jardin

Dosage bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau : astuces de pro pour limiter le cuivre au sol

18 août 2026

Pulvériser de la bouillie bordelaise sur des tomates ou un pommier, la plupart des jardiniers l’ont déjà fait. Le geste paraît simple, mais le dosage de bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau pose un vrai problème dès qu’on veut protéger ses cultures sans charger le sol en cuivre. Car le cuivre ne se dégrade pas : chaque gramme pulvérisé finit dans la terre et s’y accumule, année après année.

Pourquoi le cuivre s’accumule dans le sol et ce que cela change

Le sulfate de cuivre contenu dans la bouillie bordelaise agit par contact sur les champignons. Une fois déposé sur les feuilles, il est lessivé par la pluie et rejoint le sol. Contrairement à un produit organique, le cuivre ne se décompose pas biologiquement. Il reste piégé dans les premiers centimètres de terre.

Au fil des saisons, cette accumulation perturbe la vie microbienne du sol. Les vers de terre et les bactéries utiles aux racines sont les premiers touchés. Un sol saturé en cuivre devient compact, moins fertile, et les plantes elles-mêmes finissent par en souffrir.

La réglementation européenne encadre désormais les apports. Le plafond en agriculture biologique est fixé à 28 kg de cuivre métal par hectare sur 7 ans, soit une moyenne d’environ 4 kg/ha/an. Cette logique pluriannuelle permet de lisser les traitements : une année humide avec plus de mildiou autorise un apport plus élevé, à condition de compenser les années suivantes.

Pour un jardinier amateur, la transposition est directe : chaque pulvérisation compte, et réduire la dose unitaire reste le levier le plus efficace.

Femme jardinière versant la bouillie bordelaise diluée dans un pulvérisateur à main au milieu d'un potager avec des plants de tomates

Dosage bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau : la dose utile, pas la dose maximale

Vous avez déjà remarqué que les emballages indiquent souvent une fourchette large ? C’est parce que le dosage dépend de l’objectif. En préventif, sur des plantes saines avant une période humide, une dose basse suffit. En curatif, face à une attaque déclarée, la concentration monte.

Dose préventive et dose curative

Pour un traitement préventif sur la plupart des cultures potagères et fruitières, 5 à 10 grammes de poudre par litre d’eau couvrent la majorité des situations. C’est la fourchette à privilégier au jardin pour limiter l’apport de cuivre au sol.

En curatif, certaines sources montent à 15 ou 20 grammes par litre. Cette concentration élevée augmente le risque de brûlure foliaire (phytotoxicité) et accélère la saturation du sol. Mieux vaut rapprocher les applications à dose basse que forcer une seule pulvérisation concentrée.

Adapter selon la culture

Toutes les plantes ne tolèrent pas la même concentration. Les tomates, sensibles au mildiou mais aussi aux excès de cuivre sur feuillage, se traitent plutôt dans le bas de la fourchette. Les arbres fruitiers à écorce épaisse supportent un peu plus, notamment en traitement d’hiver sur bois nu.

  • Tomates, pommes de terre, cucurbitacées : rester autour de 5 à 8 g/L en prévention, appliquer avant les épisodes pluvieux.
  • Vigne : dose similaire, mais le nombre de passages dans l’année pèse davantage que la concentration unitaire.
  • Arbres fruitiers (pommier, cerisier) : jusqu’à 10 g/L en traitement d’hiver, sur bois dormant, quand il n’y a pas de feuillage à brûler.
  • Rosiers et plantes ornementales : 5 g/L suffisent largement, la pression fongique est rarement aussi forte qu’au potager.

Lisez toujours l’étiquette du produit que vous avez acheté. La teneur en cuivre métal varie d’une marque à l’autre (souvent autour de 20 %, mais pas toujours). C’est la quantité de cuivre métal par litre qui compte, pas le poids brut de poudre.

Réduire le cuivre au sol : trois pratiques concrètes

Baisser le dosage est un premier pas. Mais d’autres habitudes permettent de diviser la quantité totale de cuivre qui atteint la terre chaque saison.

Cibler la pulvérisation

Pulvériser l’ensemble du feuillage « au ruissellement » (jusqu’à ce que ça goutte) gaspille du produit. Un brouillard fin, appliqué sur la face supérieure des feuilles, protège autant et envoie moins de cuivre au sol. Un pulvérisateur à pression préalable avec buse réglable fait une vraie différence par rapport à un simple flacon spray.

Choisir le bon moment

Traiter par temps sec, le matin, sans vent, évite que le produit soit immédiatement lessivé. Une application qui tient 48 heures sur le feuillage avant la pluie protège mieux qu’une dose double lessivée en deux heures. Le calendrier compte plus que la concentration.

Alterner avec des solutions sans cuivre

Le purin de prêle, le bicarbonate de potassium et certaines préparations à base de micro-organismes (notamment des souches de Bacillus) offrent une protection partielle contre les maladies fongiques. Aucune ne remplace totalement la bouillie bordelaise sur mildiou déclaré, mais en alternance, elles permettent de réduire le nombre de passages cupriques sur une saison.

Cette approche d’alternance est d’autant plus pertinente que l’offre de produits cupriques homologués se resserre. En 2025, l’ANSES a refusé le renouvellement de plusieurs dizaines de formulations, et le nombre de produits autorisés pour la vigne, par exemple, a significativement diminué.

Gros plan sur des mains gantées mélangeant la bouillie bordelaise dans un bocal en verre d'un litre posé sur un muret de pierre dans un vignoble

Préparer la bouillie bordelaise sans grumeaux ni surdosage

La préparation elle-même influence l’efficacité et le dosage réel. Un mélange grumeleux bouche le pulvérisateur et répartit le cuivre de façon inégale.

  • Peser la poudre avec une balance de cuisine (une cuillère à café rase pèse environ 5 g, mais vérifiez avec votre produit).
  • Dissoudre la poudre dans un fond d’eau tiède, en remuant, avant de compléter à 1 litre avec de l’eau froide, idéalement de l’eau de pluie ou peu calcaire.
  • Filtrer la solution à travers un tamis fin avant de la verser dans le pulvérisateur, pour éviter toute obstruction de la buse.

Ne préparez que la quantité nécessaire pour une seule application. La bouillie bordelaise se conserve mal une fois diluée. Un reste stocké perd en homogénéité et finit souvent jeté, ce qui revient à envoyer du cuivre directement dans l’environnement sans aucun bénéfice pour les plantes.

Le réflexe le plus utile pour limiter le cuivre au sol n’est pas technique : c’est de se demander, avant chaque traitement, si la pulvérisation est vraiment nécessaire ce jour-là. Un passage évité, c’est du cuivre qui ne s’accumule pas.

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