Sur un potager installé depuis plusieurs saisons, on repère vite le problème : des pieds de courgettes qui s’effondrent en quelques jours alors que les conditions semblaient favorables. En 2026, les menaces ne sont plus exactement les mêmes qu’il y a cinq ans.
Certaines souches de virus progressent en Europe, le mildiou des cucurbitacées refait surface avec des souches plus agressives, et les catalogues de semences proposent enfin des variétés qui tiennent mieux le coup. Voici ce qui change concrètement cette saison pour les maladies des courgettes, et comment adapter ses choix au jardin.
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Mildiou des cucurbitacées : une pression qui remonte en 2026
Le mildiou de la courgette (Pseudoperonospora cubensis) n’est pas nouveau, mais les bulletins phytosanitaires de 2026 signalent une remontée nette dans plusieurs zones tempérées. Les services d’extension agronomique nord-américains suivent désormais en temps réel la progression des souches en circulation, avec des alertes spécifiques pour les courges et courgettes.
Le point à retenir pour un potager : les traitements post-infection sont nettement moins efficaces. Les recommandations insistent sur le préventif, pas le curatif. On applique un fongicide autorisé (bouillie bordelaise ou équivalent) avant l’apparition des symptômes, pas après.
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En pratique, cela signifie surveiller la météo dès la plantation. Quand l’hygrométrie reste élevée pendant plusieurs jours consécutifs, on traite même si les feuilles paraissent saines. Attendre de voir les taches jaunâtres sur le dessus du feuillage et le duvet grisâtre en dessous, c’est déjà trop tard pour limiter les dégâts.

ToLCNDV et virus mosaïque : ce que les jardiniers doivent surveiller
Le virus New Delhi des feuilles enroulées de la tomate (ToLCNDV) reste la menace virale la plus suivie sur courgette. Transmis par les aleurodes (mouches blanches), il provoque un enroulement sévère du feuillage, un jaunissement et une chute rapide de la production. Ce virus touche principalement les zones de production méditerranéennes, mais sa progression vers le nord reste un sujet de veille.
Les virus de la mosaïque (notamment le MWMV, mosaïque de la pastèque type Maroc) complètent le tableau. Leurs symptômes se confondent facilement avec des carences, ce qui retarde souvent le diagnostic.
Distinguer un virus d’un problème fongique au potager
Un champignon (oïdium, mildiou) répond à un traitement. Un virus, non. Si les feuilles présentent des marbrures, des déformations et un ralentissement général de la croissance sans trace de feutrage blanc ni de duvet, la piste virale doit être envisagée en priorité. Le seul recours est alors d’arracher le pied pour éviter la contamination des plants voisins.
- Feutrage blanc poudreux sur les feuilles : oïdium, traitable avec du soufre ou du bicarbonate de potassium.
- Taches jaunâtres dessus, duvet grisâtre dessous : mildiou, traitement préventif cuivré.
- Marbrures, feuilles déformées, croissance stoppée sans trace fongique : suspicion virale, arrachage du pied concerné.
Variétés de courgettes résistantes aux maladies : ce qui a changé
Les catalogues de semences ont beaucoup évolué. Plusieurs sélectionneurs proposent désormais des variétés dotées de résistances génétiques au ToLCNDV et au MWMV, un progrès notable pour les zones de production les plus exposées.
Pour un potager amateur, ces variétés professionnelles ne sont pas toujours accessibles en sachet de quelques graines. On les trouve surtout chez les distributeurs spécialisés ou en plants greffés.
Critères de choix pour un jardinier amateur
Privilégier une variété affichant au moins une résistance à l’oïdium reste le conseil le plus rentable. L’oïdium est la maladie des courgettes la plus fréquente sous nos latitudes, et les variétés tolérantes prolongent la récolte de plusieurs semaines sans intervention.
Les retours varient sur ce point selon les régions et les saisons, mais les cultivars sélectionnés pour leur tolérance fongique tiennent globalement mieux que les variétés anciennes non améliorées, surtout en conditions humides (Bretagne, Normandie, Pays de la Loire, Rhône-Alpes).
- Vérifier la mention « tolérant oïdium » ou « résistant Px » (Podosphaera xanthii) sur le sachet de graines.
- Pour les zones à forte pression virale (sud de la France, pourtour méditerranéen), chercher des variétés mentionnant une tolérance au ToLCNDV.
- En climat tempéré humide, la résistance au mildiou et la vigueur générale du plant comptent plus que la résistance virale.

Oïdium des courgettes : le geste préventif de saison
L’oïdium apparaît presque systématiquement en seconde partie de saison, quand les écarts de température entre jour et nuit se creusent et que l’humidité ambiante augmente. Sur une variété classique non résistante, le feutrage blanc envahit le feuillage en quelques jours et la production ralentit brutalement.
Un traitement préventif au bicarbonate de potassium ou au soufre mouillable, appliqué dès la mi-juin, retarde significativement l’apparition des symptômes. On renouvelle toutes les deux semaines, et après chaque pluie.
L’espacement entre les plants joue aussi un rôle direct. Des courgettes trop serrées conservent l’humidité au niveau du feuillage, ce qui accélère la colonisation fongique. Un mètre entre chaque pied, avec une orientation qui favorise la circulation d’air, limite la pression sans aucun traitement.
Thrips et ravageurs vecteurs : un facteur aggravant en 2026
Les bulletins de veille sanitaire signalent une pression accrue des thrips sur courgette cette saison. Ces insectes ne causent pas seulement des dégâts directs (piqûres, décoloration des feuilles) : ils transmettent aussi certains virus à la courgette, notamment le TSWV (virus de la maladie bronzée de la tomate).
La gestion des thrips passe par des filets anti-insectes sur les jeunes plants, des pièges chromatiques bleus, et un désherbage régulier autour des planches de culture pour supprimer les réservoirs. En bio, le spinosad reste la matière active de référence, avec une efficacité correcte si on traite tôt en saison.
La protection des courgettes en 2026 repose sur une combinaison simple : variétés résistantes adaptées à sa zone climatique, traitements préventifs plutôt que curatifs, et surveillance active des ravageurs vecteurs de virus. Le choix variétal fait plus de la moitié du travail, surtout face à des menaces virales contre lesquelles aucun traitement n’existe une fois le plant infecté.

